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		<title><![CDATA[ELSA]]></title>
		<description><![CDATA[Louis Argon]]></description>
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			<title><![CDATA[ELSA]]></title>
			<description><![CDATA[<span style="font-size: 20px"><div style="text-align: center"><span style="color: #0000c0">Merci, Douce<br />
Encore......</span></div></span>]]></description>
			<author><![CDATA[afrizou@videotron.ca JeanPierre]]></author>
			<link><![CDATA[http://www.frizou.org/forum/index.php?p=topic&p_id=12729#p12729]]></link>
			<pubDate><![CDATA[Fri, 24 Feb 2017 03:19:43]]></pubDate>
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			<title><![CDATA[ELSA]]></title>
			<description><![CDATA[<span style="color: #0000ff"><span style="font-size: 20px"><span style="font-family: arial"><div style="text-align: center"><br />
<img src="images/smileys/fsb2_mad.gif" title=":fsb2_mad:" alt=":fsb2_mad:" />  <img src="images/smileys/fsb2_mad.gif" title=":fsb2_mad:" alt=":fsb2_mad:" />  <img src="images/smileys/fsb2_mad.gif" title=":fsb2_mad:" alt=":fsb2_mad:" /> <br />
<br />
ELSA ENTRE DANS LE POÈME<br />
<br />
Louis Aragon<br />
<br />
Entre assieds-toi soleil et qu'à tes pieds se couche<br />
Le lion des fureur qui sortait de ma bouche<br />
<br />
Que je n'entende plus qu'en moi ce cœur dompté<br />
Assieds-toi c'est le soir et souris c'est l'été<br />
<br />
Musique de ma vie ô mon parfum ma femme<br />
Empare-toi de moi jusqu'au profond de l'âme<br />
<br />
Entre dans mon poème unique passion<br />
Qu'il soit uniquement ta respiration<br />
<br />
Immobile sans toi désert de ton absence<br />
Qu'il prenne enfin de toi son sens et sa puissance<br />
<br />
Il sera ce frémissement de ta venue<br />
Le bonheur de mon bras touché de ta main nue<br />
<br />
Il sera comme à l'aube un lieu de long labour<br />
Quand l'hiver se dissipe et l'herbe sort au jour<br />
<br />
Entre amour c'est ici l'effrayante forêt<br />
Où la nuit ne tient pas du ciel ses yeux secrets<br />
<br />
Entre dans mon poème où les mots qui t'accueillent<br />
Ont le papitement obscur et doux des feuilles<br />
<br />
Où t'entourent la fuite et l'ombre des oiseaux<br />
Et le cheminement invisible des eaux<br />
<br />
Tout t'appartient<br />
Je suis tout entier ton domaine<br />
Ma mémoire est à toi<br />
Toi seule t'y promènes<br />
<br />
Toi seule vas foulant mes sentiers effacés<br />
Mes songes et mes cerfs t'y regardent passer<br />
<br />
Tu marches sur les fleurs d'enfer de mon<br />
Ardenne<br />
Mon enfance t'y suit comme un lointain éden<br />
<br />
Une brume de moi bleuit au haut des monts<br />
Où le cheval<br />
Bayard porta les fils<br />
Aymon<br />
<br />
Ô mes enchantements dissipés ô marelle<br />
Des mares d'autrefois ô miroirs sous la grêle<br />
<br />
Viens-t'en dans cette chasse énorme qui fut moi<br />
Ainsi que<br />
Montessor entre<br />
Meuse et<br />
Semoy<br />
<br />
Prends le couvert des bois où quand s'en vint<br />
Pétrarque<br />
Toute biche était<br />
Laure et des mains tombait l'arc<br />
<br />
Parmi les chênes nains dont la tête dit non<br />
Si le vent se souvient des rouvres d'Avignon<br />
<br />
Du jardin que les murs de tous côtés endiguent<br />
Où l'ombre a la senteur violente des figues<br />
<br />
Mais déjà c'est ta lèvre et ce couple c'est nous<br />
C'est toi le clair de lune où je tombe à genoux<br />
<br />
Et la terrasse y tremble et la pierre se trouble <br />
Étoiles dans ma nuit ma violette double<br />
<br />
Ce sont tes yeux ouverts sur les temps désunis<br />
Jusque dans mon sommeil<br />
Elsa mon insomnie<br />
<br />
II<br />
<br />
Il est sept heures dix une tasse de menthe <br />
Côté de la pendule en cuir refroidit<br />
<br />
Je suis seul au matin dont les cendres dormantes<br />
Blanchissent sans pouvoir oublier l'incendie<br />
<br />
Je parle à haute voix le langage des vers<br />
Comme si je faisais l'essai de ma folie<br />
<br />
D'où me vient-il ce goût puéril et pervers<br />
D'où me viennent les mots que je lie et délie<br />
<br />
Qu'est-ce que ce plaisir morose et monotone<br />
Ce passe-temps verbal et qui donc s'y complaît<br />
<br />
C'est bien moi je m'entends m'interromps et m'étonne<br />
Et de mes doigts mentaux tombent les osselets<br />
<br />
C'est un jour machinal aujourd'hui qui se lève<br />
Je n'attends que le temps dans la chambre où je suis<br />
<br />
Le temps s'arrête en moi comme un sang qui fait grève<br />
Et je deviens pour moi comme un mot qui me fuit<br />
<br />
III<br />
<br />
Comme avec le soleil l'arbre immobile engage<br />
Dans le tourner du jour un discours de rameaux<br />
Mes bras vers toi se font invention des mots<br />
Quand je te touche enfin je comprends le langage<br />
<br />
J'ai peur d'être un miroir où tout s'évanouit<br />
Toute ma chair vers toi crie un enfantement<br />
Paroles de mes mains métaphoriquement<br />
Vers l'autre vous frayez une route inouïe<br />
<br />
Comment faire tomber cette feinte couleur<br />
Des vocables fixés aux lèvres des humains<br />
Ce qui deux fois se dit insulte au lendemain<br />
Et tout ce rouge mis se fane avec les fleurs<br />
<br />
La vie en mouvement quels doigts l'ont-ils saisie<br />
Quel lexique y a-t-il pour le vent et le sable<br />
Il faut substituer 6 cœur inconnaissable <br />
À l'ancien alphabet le radar poésie<br />
<br />
Je vois sans yeux je suis une clameur sans bouche<br />
Je suis le phare obscur qu'on appelle pensée<br />
J'ai fait de mon désir une force insensée<br />
Le mystère à mes pieds terre à terre se couche<br />
<br />
Je ne compare pas les choses<br />
Je démens<br />
Leurs rapports<br />
J'établis d'autres lois de nature<br />
J'ouvre sans la toucher la porte et m'aventure<br />
Où rien n'obéit plus qu'à mon commandement<br />
<br />
Tout d'un coup je comprends la chose qui m'habite<br />
Et qui n'est qu'une forme étrange de raison<br />
Une physique de l'amour de Toi disons <br />
Mieux une possession sans fin ni limite<br />
<br />
Oui je suis possédé de toi si les enfants<br />
Le rire et les cailloux me chassent peu m'importe<br />
Qu'on m'arrache le cœur et que le sang me sorte<br />
C'est toi mon être encore où mon être se fend<br />
<br />
Oui possédé de toi jusqu'au fil de ma trame<br />
De part en part de fond en comble possédé<br />
Mort je n'éveillerai jamais que ton idée<br />
Car ma poussière aura le parfum de ton âme<br />
<br />
Je te donne la flamme et la cendre du feu<br />
Je te donne le chant dément qui me traverse<br />
Je te donne le vent tantôt qui me disperse<br />
Je te donne le ciel qui fait nos veines bleues<br />
<br />
O pauvreté de moi qui m'en viens faux Roi mage<br />
Te porter des présents misérables et vains<br />
Et comme sa couleur le verre doit au vin<br />
Je m'onivre en peignant ma vie à ton image<br />
<br />
Je vais formant des vers plus forts que les baisers<br />
Je vis comme un marin dans l'écume des proues <br />
Éclaboussé du chant de la mer à la roue<br />
Réinventant le jour dans les vagues brisées<br />
<br />
Ce qui de moi s'arrache au-delà de moi-même<br />
Cet appel résumant ce que je suis ce cri<br />
Par quoi les hommes font l'aveu du plaisir pris<br />
Cotte façon que j'ai de dire que je t'aime<br />
<br />
Et de dire cela seulement sans jamais<br />
Desserrer un instant ma volonté d'étreinte<br />
Sans remarquer le temps les étoiles éteintes<br />
Et de dire je t'aime ainsi que je t'aimais<br />
<br />
Voilà voilà pourquoi je suis né ma victoire<br />
Rien rien ne pourra plus faire qu'elle ne fût<br />
Même sans bras sans tôte et debout sur son fût<br />
De pierre et Samothrace au loin morte à l'Histoire<br />
Samothrace au loin morte à l'Histoire<br />
<br />
Louis Aragon<br />
poésie<br />
</div></span></span></span>]]></description>
			<author><![CDATA[afrizou@videotron.ca Douce]]></author>
			<link><![CDATA[http://www.frizou.org/forum/index.php?p=topic&p_id=12712#p12712]]></link>
			<pubDate><![CDATA[Thu, 23 Feb 2017 06:28:42]]></pubDate>
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