TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE ( 2 )
L’empereur fut alors pris d’une fureur si grande que
tout vola dans la pièce :
« Vous n’êtes que des coquins !
Vous travaillez pour l’ennemi !
Je ne veux plus vous voir, etc… »
Et les tailleurs s’enfuirent en courant.
Après leur départ l’empereur se mit à rire : « Ha ! Ha ! Ha ! 3 costumes gratuits.
J’ai bien travaillé aujourd’hui. »
Et il se mit à houspiller les deux valets qui se tenaient
comme de coutume derrière la porte, prêts à le servir !
Mais les valets étaient tellement en colère de la mauvaise
farce que venait de faire l’empereur, qu’il décidèrent d’en parler
à leur cousin, qui travaillait pour le bon roi.
Ensemble, il eurent vite trouvé lui jouer un bon tour.
L’un des valets demanda audience à l’empereur et lui dit :
« J’ai entendu dire que deux tisserands viennent de débarquer hier
au port. Ils sont, parait-il les tisserands préférés de nombreuses cours ! »
« Et bien qu’attendez vous pour aller me les chercher, paresseux ?
- Votre Majesté, pensant que peut être vous aimeriez les voir, je les ai
fait mander. Ils sont dans l’anti-chambre et attendent votre bon vouloir. »
En fait, les deux tisserands étaient deux laquais du bon roi du pays
d’à côté, qui avaient accepté de jouer un rôle.
Ils firent de profondes révérences et l’empereur leur dit
« La réputation de votre habileté est arrivée jusqu'à moi.
Quel tissu me proposez vous donc pour que mon costume soit unique ?
- Sire ce tissu n’existe pas encore.
Nous apportons avec nous un métier à tisser tout nouveau
et vous serez le premier à avoir un costume qui sortira de ce métier.
Il soulèvera l’admiration du monde entier ! »
Le roi se redressa comme un coq :
« Messieurs, je vous fais confiance.
Faites le assez large pour que je puisse manger tout mon soul
à la fête de ce petit roi où il y aura plein de petits enfants.
Je crois que je commencerai par les siens ! Ha ! Ha ! Ha !
Et surtout que je ne sois pas reconnu !
Le jour où le costume fut enfin fait, ils le mirent dans
un grand carton et dirent à l’empereur :
« Sire, vous nous avez fait confiance et nous
pensons que vous ne serez pas déçu.
- Oui ! Je sais ! Tous les courtisans qui sont venus vous voir
n’ont pas voulu me le décrire.
Mais ils m’ont dit qu’ils n’avaient jamais rien vu de plus beau.
Allez ! Montrez le moi !
- Sire, comme nous vous l’avons dit, ce métier à tisser est magique.
Vous risqueriez de retirer tout le charme et toute la beauté de ce
costume en le voyant avant d’arriver à la fête.
- Mais comment vais-je faire pour m’habiller ?
- Nous vous accompagnerons, si vous le voulez bien,
et vous habillerons sitôt arrivés dans le parc du château.
Personne ne vous verra.
- Vous êtes vraiment comme on me l’avait dit. Alors quand partons nous ?
- Ce soir à la nuit tombée, Sire »
A la nuit tombée les faux tisserands firent atteler deux calèches.
La première, celle de l’empereur, portait ses armes : une assiette,
un couvert et un petit enfant moitié mangé !
Les coquins s’amusèrent à mettre une lanterne juste au dessus
des armoiries. Dans l’autre ils chargèrent avec beaucoup de
précautions le carton contenant le costume.
L’empereur embarqua majestueusement.
Pensant que ce serait mieux et plus rapide pour s’habiller
il n’avait mis que des sous-vêtements et un peignoir.
Et voilà les deux calèches parties au trot vers le royaume voisin.
Arrivés dans un bosquet où il faisait plus noir que sous les plumes
d’un corbeau, les tisserands habillèrent l’empereur qui trouva en
effet que le costume était très léger et se dit qu’il pourrait se régaler à loisir.
« Voilà dirent les tisserands,
Votre Majesté peut y aller, vous n’avez qu’à suivre ces gens qui arrivent
et vous arriverez à la fête vous ne pouvez pas vous tromper
il y a un chapiteau tout éclairé !
- Messieurs je vous remercie ! Pour votre travail vous pouvez
gardez les bobines d’or qui restent.
- Votre majesté est trop bonne ! Nous vous souhaitons une bonne soirée »
et les deux coquins s’en retournèrent avec leur calèche et mirent
les chevaux au trot, ils avaient encore une mission à accomplir.
Passant devant les maisons des plus malheureux des sujets
de cet ogre empereur pour leur remettre un bobine de fil d’or afin
qu’il puissent quitter le pays et aller dans le royaume voisin ou les enfants
étaient heureux.
Quand l’empereur arriva à l’endroit ou se trouvait la fête il se tenait bien droit,
la bedaine bien apparente, lorgnant les enfants les plus dodus au travers
du masque que les tisserands avaient confectionné.
A demain dormez bien je veille sur vos rêves
 

Votre fée Camillou


     

 

Au revoir, à bientôt
Camille


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Pierrette coeur d'Amour